Deux Yanmar 4JH4-AE, deux saildrives SD50 et un groupe Cummins Onan : sur myCloud, la mécanique est en double, et chaque négligence aussi. Voici ce que nous faisons nous-mêmes, ce que nous confions à un mécanicien, et comment nous savons à tout moment où en est chaque moteur.

La référence, c’est le manuel, pas le ponton
Chacun a son avis sur l’intervalle de vidange idéal ou la meilleure huile. Nous ne donnons ici aucun chiffre : intervalles, types d’huile, couples de serrage et références de pièces figurent dans le manuel d’utilisation et le manuel d’atelier Yanmar, propres à votre modèle de moteur et de saildrive. Gardez-les à bord en papier, et en numérique ailleurs. Notez une fois pour toutes le modèle exact de chaque moteur et de chaque embase : c’est la première question que pose un fournisseur de pièces.
Ce que nous faisons nous-mêmes
Les contrôles avant chaque départ
- Niveau d’huile moteur et liquide de refroidissement, à froid.
- État et tension de la courroie.
- Filtre décanteur de gasoil : présence d’eau ou de dépôts.
- Au démarrage, débit d’eau de refroidissement à l’échappement, des deux côtés.
- Coup d’œil dans le compartiment : traces d’huile, de gasoil, de liquide, colliers qui suintent.
Cinq minutes par moteur. Sur un catamaran, la tentation est de démarrer et de partir, puisqu’il en reste un si l’autre faiblit. C’est justement ce raisonnement qui laisse un problème s’installer d’un seul côté.
Vidanges et filtres
Huile moteur et filtre, filtres à gasoil, huile de l’embase de saildrive : ce sont des opérations à la portée d’un propriétaire soigneux, avec une pompe de vidange, des chiffons et un bac. L’huile de saildrive mérite une attention particulière : si elle ressort laiteuse ou grisâtre, c’est le signe d’une entrée d’eau. On ne la remplace pas en espérant que cela passe, on fait diagnostiquer rapidement l’étanchéité de l’embase.
Impellers et anodes
L’impeller de la pompe à eau de mer est une pièce d’usure qui n’aime ni la marche à sec ni l’immobilité prolongée. Nous gardons des impellers de rechange à bord, et quand nous en remplaçons un, nous vérifions qu’il ne manque aucune ailette : un morceau perdu finit souvent dans l’échangeur. Les anodes de saildrive se contrôlent à chaque carénage et lors des plongées sous la coque ; leur rythme d’usure dit aussi quelque chose de l’environnement électrique du ponton. Une anode qui fond soudainement plus vite que d’habitude justifie de chercher pourquoi.
Ce que nous confions à un mécanicien
- Le réglage des jeux aux soupapes, les injecteurs et la pompe d’injection.
- Le remplacement de la membrane d’étanchéité des saildrives, qui suit une échéance constructeur et impose de sortir le bateau de l’eau.
- Les joints d’embase et tout ce qui touche à l’étanchéité sous la flottaison.
- Le diagnostic d’une surchauffe persistante, d’une fumée anormale ou d’une perte de puissance.
- L’alignement et les supports moteurs. Sur myCloud, ces supports ont été repris par un chantier composite en avril 2025, en même temps que les étraves et les jupes arrière.
Notre règle est simple : dès qu’une intervention touche à l’étanchéité sous la ligne de flottaison, demande un outillage spécifique ou suppose d’ouvrir le moteur, nous appelons un professionnel. Mieux vaut payer une heure de diagnostic que démonter au hasard.
Les heures, la donnée que l’on oublie de noter
Les compteurs bâbord et tribord ne montent pas forcément au même rythme, et le groupe vit sa propre vie : le nôtre affichait environ 1 600 heures en 2026. Sans relevé à chaque intervention, impossible de savoir quand tombe la prochaine vidange, ni de prouver à un futur acquéreur que l’entretien a été fait à temps. Nous notons donc, pour chaque intervention : la date, le moteur concerné, les heures au compteur, ce qui a été fait et les pièces utilisées.
Un exemple vécu : la zone du groupe
Le groupe Cummins Onan de myCloud est installé sous le plancher teck du cockpit. L’accès n’y est pas simple, et la tentation de repousser les contrôles est réelle. Pendant le refit, toute la zone du groupe a été refibrée et repeinte. Résultat : une coulure ou une trace de rouille s’y voit désormais au premier coup d’œil, et l’inspection rapide est devenue un réflexe. Au passage, en travaillant dans les compartiments arrière, nous avons aussi remis en état les drosses et les réas de direction, grippés par la rouille : un rappel que la mécanique ne s’arrête pas au moteur.
Garder une trace utile
Dans l’application de gestion de bateau myCloud, chaque moteur, chaque saildrive et le groupe ont leur fiche équipement, avec leurs interventions, les heures relevées et le manuel joint. La maintenance planifiée envoie les rappels, et le module pièces et stocks indique combien de filtres, d’impellers et d’anodes il reste à bord avant de partir en navigation.
Dans le carnet de bord. Une ligne par intervention : date, moteur, heures, travail fait, pièces. C’est court, mais c’est ce qui permet de répondre sans hésiter à la question d’un mécanicien ou d’un acheteur.
