En 2026, myCloud a fait deux fois l’aller-retour entre Nouméa et Santo. Ce qui prend le plus de temps n’est pas la traversée, c’est tout ce qui l’entoure : la météo, le bateau et les papiers, des deux côtés.

Une précaution d’abord : les règles changent, et ce qui suit reflète ce que nous avons appris et vérifié à la date de cet article. Avant chaque départ, vérifiez les règles en vigueur auprès des services officiels de Nouvelle-Calédonie et du Vanuatu.
Choisir sa fenêtre
Le Vanuatu se trouve au nord-est de Nouméa. Avec les alizés de sud-est bien établis, l’aller se fait le plus souvent au portant ou au travers, et le retour demande plus d’attention : un alizé renforcé sur l’avant du travers devient vite inconfortable sur un catamaran chargé. Nous regardons donc autant la fenêtre du retour que celle de l’aller.
La saison cyclonique, de novembre à avril, pèse sur toute la décision. Beaucoup de contrats d’assurance prévoient des conditions particulières pour cette période et pour la zone de navigation : relisez le vôtre avant de partir. Nous suivons les bulletins de Météo-France Nouvelle-Calédonie et ceux du service météorologique du Vanuatu, et nous ne partons pas sur une prévision à plus de quelques jours sans marge.
Reste à caler les horaires. Nous voulons franchir la passe de sortie du lagon de jour, avec une bonne visibilité, et arriver au Vanuatu de jour aussi, si possible un jour de semaine pour trouver les bureaux ouverts. Cela fixe souvent l’heure de départ de Nouméa bien plus que la météo elle-même. Une nuit en mer est presque toujours au programme : les quarts se préparent avant de larguer, pas au moment où la fatigue arrive.
Préparer le bateau
Une traversée hauturière n’a rien à voir avec une sortie dans le lagon. Nous reprenons à chaque fois notre liste de sécurité complète, et nous ajoutons quelques points propres à ce voyage, cochés pendant la semaine qui précède plutôt que le matin du départ.
- Contrôle du gréement et des cadènes, et inspection de la cloison de mât par la trappe au pied d’épontille.
- Carburant, eau, pièces de rechange pour les deux Yanmar et le groupe : sur place, tout n’est pas disponible partout.
- Papiers du bateau, attestation d’assurance couvrant la zone, passeports de tout l’équipage, liste d’équipage.
- Pavillon jaune Q et pavillon de courtoisie du Vanuatu.
- Avitaillement pensé pour la biosécurité : peu de produits frais à l’arrivée, des conserves et du sec.
Le bateau doit aussi être en règle côté sécurité pour la navigation envisagée. En cas de doute sur l’armement ou les titres de navigation, la Direction des affaires maritimes de Nouvelle-Calédonie est le bon interlocuteur, bien avant le jour du départ.
Sortir de Nouvelle-Calédonie
On ne quitte la Nouvelle-Calédonie par la mer qu’au départ de Nouméa. Les formalités de sortie se préparent avec la capitainerie de Port Moselle ou de Port du Sud, et passent par la douane et la police aux frontières. Les bureaux ont des horaires surtout matinaux : renseignez-vous la veille pour ne pas perdre une journée.
Une fois les formalités faites, le départ doit suivre. Demandez au moment des formalités de quel délai vous disposez, et ne prévoyez pas d’escale dans les eaux calédoniennes une fois sorti.
Arriver au Vanuatu
Le Vanuatu compte quatre ports d’entrée officiels pour les navires de plaisance : Port-Vila sur Efate, Luganville sur Santo, Lenakel sur Tanna et Sola sur Vanua Lava, dans les îles Banks. On ne débarque nulle part avant d’avoir fait ses formalités d’entrée dans l’un d’eux. S’arrêter avant dans un autre mouillage, comme Port Resolution à Tanna, suppose une autorisation écrite préalable des douanes.
- La douane demande un avis d’arrivée par courriel au moins 24 heures avant, avec le nom du bateau, les derniers ports d’escale, la date et l’heure prévues, le chef de bord et l’équipage.
- L’immigration demande un formulaire de pré-arrivée avant d’atteindre le port d’entrée.
- Le pavillon Q se hisse dès l’entrée dans la zone économique exclusive du Vanuatu.
- Les bureaux fonctionnent en semaine ; une arrivée le week-end ou un jour férié entraîne des frais supplémentaires.
Pour naviguer entre les îles, un permis de croisière inter-îles peut être demandé. Au départ, la sortie se fait au dernier port d’entrée utilisé, et le bateau doit ensuite quitter le pays rapidement, sans nouvelle escale sauf autorisation.
Biosécurité et animaux
Le Vanuatu protège son agriculture avec soin. Les fruits, légumes et denrées du bord ne se débarquent pas sans autorisation, les viandes et les œufs restent à bord, et les déchets descendus à terre doivent être enfermés dans des sacs fermés. Un animal à bord reste à bord : il faut un permis d’importation, prévenir la biosécurité plusieurs jours ouvrés avant l’arrivée et préparer un dossier vétérinaire complet. Un bateau qui transporte un animal ne doit pas non plus s’amarrer au quai. Si vous voyagez avec un chien ou un chat, commencez les démarches des mois avant.
Le retour à Nouméa
Au retour, l’entrée se fait obligatoirement à Nouméa, sans escale préalable dans les eaux calédoniennes. On contacte la marina en VHF à l’approche, on hisse le pavillon Q, et tout l’équipage reste à bord jusqu’à la fin des formalités. La biosécurité calédonienne est stricte : les produits frais sont généralement saisis, donc nous finissons les nôtres en mer. Pour un animal, un préavis et des frais de quarantaine sont à prévoir.
Dans le carnet de bord. Dates et heures de sortie à Nouméa et d’entrée au Vanuatu, port d’entrée, documents remis, courriels d’avis d’arrivée archivés, frais payés, avitaillement débarqué ou détruit, météo rencontrée à l’aller et au retour. Tout ce qui servira à préparer le voyage suivant plus vite.
