Caréner un catamaran à Nouméa : où sortir de l’eau, et quand

Sortir de l'eau un catamaran de 7,7 m de large à Nouméa demande d'anticiper : moyens de levage, saison, eaux de lavage. Nos repères locaux et notre check-list.

À Nouméa, la vraie difficulté d’un carénage de catamaran n’est pas la peinture, c’est la sortie d’eau. Avec 7,7 m de large, myCloud ne rentre pas partout, et cela se prépare des semaines à l’avance.

La proue blanche d’un catamaran à sec sur son ber
À sec : le moment de tout vérifier sous la flottaison.

Le point crucial : la largeur

Un travelift est un portique sur roues qui enjambe le bateau. Sa capacité en tonnes compte, mais pour un catamaran c’est surtout la largeur intérieure entre ses montants qui décide de tout. Un Lagoon 440 mesure 7,7 m hors tout. Or certains moyens de levage de Nouméa affichent une largeur maximale publiée autour de 6 m, très suffisante pour un monocoque de 15 m et totalement insuffisante pour nous.

Avant même de parler de date, posez donc trois questions au chantier : la largeur utile entre les montants, la capacité réelle et l’écartement possible des sangles. Pour le poids, ne vous contentez pas du déplacement lège indiqué dans les brochures : un catamaran de croisière avec ses réservoirs, son annexe sur bossoirs et tout l’équipement de vie à bord pèse nettement plus. Les zones de levage sont indiquées dans le manuel du propriétaire ; ayez-le à portée de main le jour J.

Les options à Nouméa

L’activité de réparation navale de plaisance se concentre surtout côté Nouville, où se trouvent les principaux chantiers capables de sortir des voiliers de croisière. Pour un multicoque, il faut vérifier au cas par cas : selon les chantiers, la sortie peut se faire au travelift s’il est assez large, sur remorque ou ber adapté par une cale, ou à la grue. Chaque solution a ses contraintes de tirant d’eau à l’approche, de vent et d’horaires.

Côté Numbo, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a lancé le projet d’un pôle maritime qui prévoit une aire de carénage, des moyens de levage adaptés à la flotte locale et régionale et une zone de stockage pendant la saison cyclonique. C’est une évolution à suivre, mais renseignez-vous sur ce qui est réellement en service avant de compter dessus.

Les capitaineries de Port Moselle et de Port du Sud connaissent les solutions du moment et peuvent vous orienter. Enfin, les places à terre sont rares : beaucoup de plaisanciers le constatent, il faut réserver tôt, parfois très tôt.

Quand caréner en Nouvelle-Calédonie

L’eau chaude du lagon est une bénédiction pour la baignade et un cauchemar pour les carènes. Les salissures s’installent vite, surtout au port, et un antifouling fatigué se voit en quelques mois. Beaucoup de propriétaires visent un rythme annuel, à ajuster selon le produit, l’usage du bateau et ce que l’on observe en plongée.

Pour la période, nous préférons la saison fraîche, entre mai et octobre. Il pleut moins, l’humidité baisse, et les peintures sèchent dans de meilleures conditions. Pendant la saison cyclonique, de novembre à avril, les averses peuvent bloquer un chantier plusieurs jours, et un bateau sur ses bers en cas d’alerte pose d’autres questions, à voir avec le chantier et l’assureur. Avant un grand départ, vers le Vanuatu par exemple, il est aussi plus logique de caréner quelques semaines avant que juste au retour.

Eaux de lavage et environnement

Le lagon calédonien est inscrit au patrimoine mondial, et les résidus d’antifouling n’ont rien à y faire. Une aire de carénage équipée récupère les eaux du lavage haute pression et les traite avant rejet : c’est l’une des raisons de passer par un chantier plutôt que de gratter une carène à flot ou sur une plage.

Les règles précises dépendent du lieu et du gestionnaire. Renseignez-vous auprès du chantier, du gestionnaire du port et de la province Sud avant de commencer, en particulier si vous envisagez un nettoyage à flot entre deux carénages : brosser une coque peinte libère de la peinture dans l’eau.

Notre check-list pour une sortie à Nouméa

Elle complète la préparation générale décrite dans notre article sur la sortie d’eau, avec les points propres à un catamaran ici.

  • Faire confirmer par écrit la largeur utile du moyen de levage et sa capacité.
  • Réserver la sortie et la place à terre en même temps, avec une date de remise à l’eau.
  • Vérifier le tirant d’eau à l’approche du chantier à l’heure prévue : 1,3 m, c’est peu, mais la marée compte.
  • Prévoir l’approche avec peu de vent : 7,7 m de large et beaucoup de fardage, c’est délicat dans un bassin étroit.
  • Profiter de la sortie pour les deux saildrives SD50 : joints, anodes, hélices.
  • Contrôler les passe-coques, les sondes et les safrans pendant que tout est accessible.
  • Prévoir l’eau et l’électricité sur l’aire, et la façon dont on vit, ou pas, à bord.
  • Photographier la carène dès la sortie, avant tout lavage, puis avant la remise à l’eau.

Dans le carnet de bord. Date de sortie, moyen de levage utilisé, état de la carène en photo avant lavage, produit d’antifouling et nombre de couches, anodes changées, état des joints de saildrive, date de remise à l’eau. Prochaine échéance de carénage fixée dans la foulée.

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